Le gouvernement suédois a annoncé l’acquisition de 18 nouveaux canons automoteurs ARCHER auprès de BAE Systems Bofors, dans le cadre de son 18e paquet d’aide militaire à l’Ukraine. Cette annonce a été faite par le ministre suédois de la Défense, le Dr Pål Jonson, lors d’une visite du site de production de BAE Systems à Karlskoga.
Ce contrat, qui inclut également cinq radars de localisation d’artillerie supplémentaires, s’inscrit dans un ensemble plus large estimé à environ 300 millions de dollars. Il vise à renforcer la capacité de dissuasion et de défense des forces ukrainiennes, dans un contexte de guerre prolongée contre la Russie.
L’ARCHER : un atout d’artillerie reconnu
Le système ARCHER est un canon automoteur de 155 mm monté sur châssis à roues (généralement un Volvo A30 6×6), conçu pour combiner puissance de feu, mobilité stratégique et protection accrue de l’équipage. Développé par BAE Systems Bofors, ce système est conçu pour fournir un tir d’artillerie à longue portée de manière rapide et précise, tout en permettant un repli immédiat pour éviter les frappes de contre-batterie.
L’ARCHER est capable de tirer des obus à une distance maximale de 50 km (avec munitions ERFB-BB), avec une cadence de tir de 3 coups en 15 secondes grâce à son système de chargement entièrement automatisé. Il peut également tirer en mode MRSI (Multiple Rounds Simultaneous Impact), ce qui permet à plusieurs projectiles d’atteindre leur cible en même temps.
C’est ce niveau de performance qui explique pourquoi Lena Gillström, présidente de BAE Systems Bofors, a déclaré que l’ARCHER est « l’un des systèmes d’artillerie les plus recherchés et les plus fiables au monde ».
Une commande destinée à remplacer les systèmes transférés à l’Ukraine
Cette commande de 18 nouveaux systèmes ARCHER vise à compenser les exemplaires précédemment donnés à l’Ukraine. En janvier 2023, la Suède avait annoncé le transfert de 8 canons ARCHER à l’armée ukrainienne dans le cadre de son 9e paquet d’aide militaire. Ces systèmes ont été employés en Ukraine dans les zones les plus critiques du front, apportant une supériorité de tir appréciée par les artilleurs ukrainiens.
Stockholm poursuit donc un double objectif : soutenir militairement l’Ukraine tout en maintenant ses propres capacités de défense opérationnelles dans un contexte sécuritaire tendu en Europe du Nord, notamment face à la Russie.
Un soutien multidimensionnel
Outre les ARCHER, la Suède a également inclus dans ce paquet d’aide des radars de localisation d’artillerie, essentiels pour détecter les tirs ennemis et organiser des contre-batteries efficaces. Ces systèmes permettent de suivre les trajectoires des projectiles entrants pour identifier l’origine des tirs. Cela renforce considérablement la survie des unités exposées.
Dans les semaines précédant cette annonce, un autre équipement avait été dévoilé : le système de défense aérienne Tridon Mk2, également développé par BAE Systems. Ce système sol-air repose sur un canon automatique Bofors 40 mm monté sur plateforme mobile, capable d’intercepter des menaces aériennes telles que drones, missiles de croisière et aéronefs à basse altitude.
Un partenariat industriel et stratégique renforcé
La visite du ministre Pål Jonson sur le site de Karlskoga souligne l’importance du partenariat entre l’État suédois et BAE Systems Bofors, fleuron de l’industrie de défense suédoise. Ce lien entre gouvernement et industrie s’inscrit dans une dynamique plus large de réarmement et de modernisation des capacités militaires suédoises, en prévision d’une intégration plus active au sein de l’OTAN, depuis l’adhésion formelle de la Suède à l’Alliance en mars 2024.
Une posture résolument tournée vers l’Europe de l’Est
Cette nouvelle commande confirme la stratégie de la Suède : être un acteur militaire crédible et actif dans la défense de l’Europe de l’Est. En renforçant l’arsenal ukrainien, Stockholm contribue directement à la stabilité du flanc oriental de l’Europe, tout en consolidant ses propres capacités de projection.







